Lenka Zaya

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Le cycle menstruel : une porte vers la connaissance de soi

Je continue parfois à recevoir des questions autour du cycle menstruel ou à accueillir des femmes qui souhaitent vivre leur cycle de manière plus consciente, plus sereine et plus fluide.

Même si aujourd’hui mon travail s’est élargi, ce sujet reste profondément vivant dans tout ce que je transmets.

Comprendre le corps féminin, ses rythmes, ses saisons, son bassin, ses élans et ses temps de repos fait partie des fondations de mon approche. Pendant plusieurs années, j’ai accompagné de nombreuses femmes à découvrir leur cycle, à mieux comprendre leurs hormones, leurs archétypes et leur fertilité. Aujourd’hui, j’y ajoute le travail avec le système nerveux, le mouvement, la présence au corps et la sagesse du bassin.

Au fond, je parle toujours de la même chose : retrouver une relation vivante avec son corps.

Le cycle menstruel n’est pas seulement une histoire de règles. Il est une formidable porte d’entrée vers la connaissance de soi. Une invitation à observer notre énergie, nos besoins, nos émotions et notre manière d’habiter notre corps.

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source: Pixabay, image par ArtTower

Une note personnelle

En tant que maman de deux filles et de deux garçons, j’ai toujours considéré comme essentiel de connaître mon corps et de prendre soin de ma relation à ma féminité, à mon cycle, à ma sexualité et à ma fertilité.

Parce que j’ai compris que ce n’est pas en expliquant à nos enfants que nous transmettons le mieux, mais en leur montrant un chemin vivant.

En acceptant d’explorer moi-même mes zones d’inconfort, mes conditionnements, mes peurs et mes croyances. En continuant à apprendre. En faisant de mon propre corps un lieu de curiosité plutôt que de jugement.

Je crois profondément que l’exemple vécu vaut mille fois plus que les plus beaux discours.

Bien sûr, je ne serais jamais une maman parfaite et il y aura toujours un écart entre ce que nous aimerions transmettre et ce que nous arrivons réellement à incarner. Mais c’est le désir sincère de cohérence, cette volonté de walk the talk, qui pour moi compte le plus.


Vivre son cycle positivement, qu’est-ce que cela signifie ?

Pour moi, vivre son cycle positivement ne signifie pas avoir un cycle parfait, ni chercher à contrôler son corps. C’est avant tout apprendre à entrer en relation avec lui et plutôt que de se batter contre lui, devenir curiesues sur comment je peux danser avec lui. Car les hormones de notre cycle, c’est une véritable danse dont chaque phase nous met en contact avec des capacités différentes.

Connaître son corps

Je rencontre dans ma pratique tellement de femmes qui ne connaissent que très peu leur anatomie, leurs hormones ou les différents signes que leur corps leur envoie. Pourtant, comprendre la physiologie de ton corps est la base. Plus tu comprends comment il fonctionne, moins tu le crains, le juges ou le méprises. Peu à peu, la honte, les tabous et les idées reçues perdent de leur pouvoir. À leur place s’installent l’émerveillement, l’admiration, un profond respect et l’envie de prendre soin de cet ingénieux corps qui est le tien.

Bien connaître ton anatomie et le fonctionnement de ton corps te permet aussi de faire des choix plus éclairés lorsqu’il est question de ta santé, de ta fertilité, de ta sexualité ou, plus largement, de ton bien-être.

Respecter les variations de son énergie

Notre énergie n’est pas linéaire, et c’est profondément normal.

Certains jours invitent davantage à l’action, à la créativité et au partage. D’autres demandent plus de repos, d’intériorité ou de lenteur. Cesser de lutter contre ces fluctuations permet souvent de retrouver beaucoup plus de douceur envers soi-même.

Accueillir les différentes facettes de soi

Les archétypes féminins que l’on associe à chacune des phases du cycle — la Jeune Fille, la Mère, l’Enchanteresse et la Femme Sage — offrent une magnifique grille de lecture pour mieux comprendre nos élans, nos besoins et nos réactions.

Il ne s’agit pas d’entrer dans une case, mais de reconnaître que toutes ces facettes vivent déjà en nous et qu’elles peuvent devenir de précieuses alliées si seulement on re-aprivoise leurs dons, leurs qualités en nous.

Se libérer des conditionnements

Pendant longtemps, nous avons appris à fonctionner comme si nous devions être identiques chaque jour : toujours disponibles, toujours productives, toujours performantes.

Nous avons été programmées à valoriser les parts de nous tournées vers le monde extérieur : l’efficacité, l’action, le fait de prendre soin des autres, de produire, d’avancer, de répondre aux attentes.

À l’inverse, toute l’autre moitié de notre cycle est souvent mal comprise, voire dévalorisée : le besoin de ralentir, de se retirer un peu du monde, de contempler, de ne pas être disponible en permanence, de porter un regard plus lucide et critique sur notre vie, d’élaguer, de laisser mourir ce qui n’a plus lieu d’être pour faire de la place au nouveau.

Or, te forcer à fonctionner de manière stable et linéaire, c’est aller contre la nature cyclique de ton corps. Cela demande énormément d’énergie. Certes, cela peut donner une impression de maîtrise ou de contrôle, mais le prix à payer est élevé : tu perds peu à peu l’accès à toute la richesse de tes rythmes intérieurs, à cette palette de ressources, de qualités et de facettes qui te constituent.

Le corps féminin fonctionne autrement que le corps masculin. Et même s’il n’est pas toujours facile de vivre à l’écoute de ses rythmes dans une société qui n’a pas été construite pour les accueillir, il est possible de trouver, chacune à notre manière, des espaces où les respecter davantage.

Respecter son rythme n’est pas une faiblesse. C’est une autre façon de vivre, tout aussi valable que le modèle linéaire qui nous a été présenté pendant si longtemps comme la seule manière de fonctionner, de réussir et d’être une « bonne » femme.

Une sagesse toujours vivante

Même si aujourd’hui je parle davantage de système nerveux, de mouvement, de présence et de souveraineté, le cycle menstruel reste pour moi une racine vivante de l’expérience d’habiter un corps féminin.

Il me rappelle que le corps féminin possède sa propre intelligence. Qu’il n’a pas besoin d’être corrigé ou contrôlé en permanence, mais écouté, respecté et habité.

Il me rappelle aussi que nous faisons partie d’un vivant bien plus grand que nous. Comme les saisons, les marées ou les cycles de la lune, notre corps suit lui aussi des rythmes. À travers notre cycle, nous portons dans notre ventre la mémoire de ces grands mouvements de la nature. Nous ne sommes pas séparées du Vivant. Nous en faisons partie.

Je crois profondément que chaque femme peut transformer la relation qu’elle entretient avec son corps. Et le cycle est souvent l’une des plus belles portes d’entrée vers cette rencontre.

Parce qu’avant d’être un calendrier biologique, il est une invitation à revenir chez soi.